Alcoolisme : selon une étude hollandaise, il n’y a pas de preuve que le baclofène aide à décrocher

Il n’y a "pas de preuves" que le baclofène à haute dose apporte une efficacité supérieure à d’autres méthodes pour décrocher de l’alcool, conclut une étude hollandaise publiée mercredi, qui s’interroge sur la prescription massive de ce médicament en France.

Selon une nouvelle étude, les taux de rechute sont les mêmes avec des faibles, des fortes doses de baclofène, et du placebo.

Une controverse qui dure depuis des annéesLa controverse sur l’efficacité du baclofène (

Lioresal et autres 

génériques), cet antispasmodique utilisé contre la dépendance à l’alcool continue. Alors que

les autorités de santé avaient donné leur feu vert en 2014  au baclofène, dans des conditions strictement encadrées (RTU) et qu’en septembre 2016,

les résultats de l’étude française Alpadir  montraient que, sans être un traitement miracle, le baclofène peut aider les gros buveurs, une nouvelle étude hollandaise remet en question l’efficacité de ce médicament contre la dépendance à l’alcool.Des taux de rechute comparables entre le baclofène et le placeboSelon cette étude, menée par une équipe de chercheurs de l’université d’Amsterdam, les patients traités par le baclofène à faible dose, à haute dose ou par un placebo ont affiché des taux de rechute comparables.Ainsi, 151 patients

alcooliques bénéficiant par ailleurs d’un suivi psychosocial ont participé à l’étude: 31 ont reçu du baclofène à faible dose (30 mg par jour), 58 ont eu le même médicament à haute dose (jusqu’à 150 mg par jour), et 62, un

placebo. Au bout de 16 semaines, le taux de rechute était d'”environ 25 %” dans chacun des groupes, selon l’article, publié dans la revue European Neuropsychopharmacology.Des effets secondaires fréquentsDans le même temps, des effets secondaires tels que

fatigue,

somnolence et sécheresse de la bouche ont été fréquemment observés.”En août 2015, une petite étude allemande à répartition aléatoire avait montré que le baclofène à haute dose montrait de bons résultats, mais le groupe de contrôle n’avait reçu aucun traitement. Nos patients, y compris le groupe placebo, ont eux, tous reçu un suivi psychosocial“, a expliqué Reinout Wiers, psychologue spécialiste des addictions, qui a supervisé l’étude. Il serait prématuré de le prescrire à grande échelle”Au total, ces études montrent que le baclofène semble aussi efficace qu’un traitement psychosocial mais qu’il n’apporte pas d’efficacité supplémentaire”, a ajouté le Pr Wiers, psychologue spécialiste des addictions, estimant qu’il semblait donc “prématuré” de le prescrire à grande échelle aux patients alcooliques, “comme c’est actuellement le cas en France“.La popularité de ce médicament, initialement indiqué contre les contractures musculaires involontaires, a explosé en France depuis la parution en 2008 du livre du cardiologue Olivier Ameisen, qui racontait comment il avait supprimé son envie de boire en prenant ce myorelaxant à forte dose. Entre 2007 et 2013, environ 200.000 patients français se sont vus prescrire du baclofène pour traiter leur alcoolisme, rappelle l’article.En France, 100 000 patients seraient traitésPour encadrer les prescriptions, l’agence du médicament ANSM a mis en place en 2014 une recommandation temporaire d’utilisation avec une dose maximale de 80 mg par jour. Fin août, 7 024 patients étaient déclarés à l’ANSM mais, selon l’Assurance maladie, environ 100 000 patients seraient traités avec le baclofène, commercialisé par Novartis sous la marque Lioresal et par Sanofi sous la marque Zentiva.Une étude française sur le même sujet, présentée en septembre, avait montré que le baclofène n’avait pas eu plus d’efficacité que le placebo en termes d’abstinence, mais qu’il avait permis une réduction plus importante de la quantité d’alcool consommée.Les résultats d’une nouvelle étude sur les effets indésirables du baclofène, commandée par l’ANSM à l’Assurance maladie, sont attendus fin 2016.Click Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks

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