Boire en semaine augmente le risque de binge drinking

Deux universités canadiennes, après avoir étudié les habitudes de consommation d’alcool de 11 000 Canadiens, soulignent l’importance de l’évaluation de la fréquence d’absorption de ces boissons pour connaître le risque d’alcoolisation excessive. Les résultats montrent en particulier qu’une consommation régulière, même modérée, démultiplie les risques d’abus.

Cette étude canadienne, d’une ampleur inédite, a porté sur les habitudes de prise d’alcool depuis 1 an de 11 000 personnes âgées de 18 à 76 ans. L’analyse statistique des résultats devait permettre une évaluation fine des risques en fonction de la quantité et de la régularité de la consommation.
L’objectif ? Confronter les messages récurrents dans les medias sur les bénéfices d’une consommation régulière à la réalité, d’autant que ces messages varient selon les recommandations sanitaires des pays : si une consommation “modérée“ correspond à une prise d’alcool par semaine au Danemark, en Finlande, en Irlande ou en Afrique du Sud, elle est définie par un verre par jour en France, Australie, Autriche, Hollande, Portugal ou encore Japon. D’autres pays sont entre les 2, comme le Canada ou les Etats-Unis.
Les résultats sont troublants, du moins pour les défenseurs de la consommation modérée et régulière. En effet les hommes de 18 à 24 ans qui déclarent boire 5 à 7 fois par semaine ont 7 fois plus de risque d’avoir une surconsommation par semaine. Cette surconsommation, définie par 5 verres ou plus en une seule occasion, est encore appelée “binge drinking“ et peut mener à la dépendance et ses complications. Ce risque est encore multiplié par 4 chez les hommes de plus de 25 ans buvant aussi fréquemment, et par 3,7 au-dessus de 50. Chez les femmes buvant à la même fréquence, le risque est multiplié par 3 entre 18 et 25 ans, par 2 au-delà.
Même si la consommation est limitée à 3 ou 4 fois par semaine, le risque d’alcoolisation aiguë hebdomadaire est encore multiplié par 4,5 chez les hommes de 18 à 25 ans et par 2 chez les femmes du même âge. Cela pourrait s’expliquer par le fait qu’une consommation régulière élève le seuil de tolérance, entraînant des excès lors d’une sortie, d’un diner entre amis ou d’une fête.
A l’inverse, les personnes qui ne boivent pas régulièrement en semaine (quelques fois par mois) ont nettement moins de risque d’alcoolisation aiguë, quel que soit leur âge ou leur sexe.
Alors certes il semblerait qu’il y ait un bénéfice en termes de prévention cardio-vasculaire à une consommation modérée quotidienne de vin, mais ces résultats devraient, selon les auteurs, influer sur les recommandations nationales.
En effet on pourrait imaginer que cette recommandation de consommation modérée quotidienne ne soit effective qu’à partir d’un certain âge (qui serait déterminé par d’autres études) et considérer que l’alcool ne doit être consommé qu’occasionnellement et non régulièrement, avant 40 ans par exemple. D’autant qu’en février l’Institut National du Cancer affirmait que l’alcool consommé quotidiennement, même à faible dose, augmentait “le risque de plusieurs cancers  : bouche, pharynx, larynx, oesophage, colon-rectum, sein et foie“ (voir notre article en lien ci-dessous).
Mais comme le souligne Andrée Demers, co-auteur de l’étude, l’alcool fait partie du mode de vie. Elle ajoute que “ce qu’il faut dire, c’est que les gens qui intègrent l’alcool à leur mode de vie ont plus de chance de s’intoxiquer, au moins une fois par mois“. Un appel supplémentaire à la vigilance en somme.
Sources : “The importance of drinking frequency in evaluating individuals’ drinking patterns: implications for the development of national drinking guidelines.“, Paradis C, Demers A et coll., Addiction 11 mai 2009 ; Le Journal de Montréal, 29 mai 2009Click Here: cheap sydney roosters jersey

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *